Accueil > Histoire et généalogie > la première guerre mondiale aux Dardanelles
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Le cimetière français surplombe la baie de Morto au cap Helles près de "S Beach" où se tenait le QG français.
Comme beaucoup de ses compatriotes, Sébastien fut tué pendant la première guerre mondiale. En 1921, la République accorda une pension de veuve de guerre à Stivanina, l'épouse de Sébastien "Mort pour la France" aux Dardanelles (Sedd Ul Bahr mais orthographié Secd-Ul Bahr sur sa fiche militaire) le 21 juin 1915, adjudant, 54ème Colonial, matricule 22 3299, classe 1900, matricule 1601 recrutement d'Ajaccio.
Dans le courant de l'automne 1914, le 25 novembre pour être exact, les Alliés, c'est-à-dire principalement l'Empire Britannique, la France et l'Empire de Russie, décidèrent, à l'initiative de Winston Churchill, de forcer la Turquie à sortir de la guerre dans l'idée d'obtenir le contrôle des détroits des Dardanelles et du Bosphore pour tirer la Russie de son isolement et ouvrir ainsi un nouveau front au sud-est de l'Europe, entraînant par là même une division des forces armées allemandes. La tentative, qui dura neuf mois, s'avéra humainement meurtrière et militairement totalement "improductive".
Winston Churchill voulut cette campagne à tout prix, tant et si bien qu'elle fut mise sur pied avec une grande rapidité et dans la plus grande confusion. L'ironie réside en ce que ce même Winston Churchill écrivit en 1911 qu'il "faut garder à l'esprit qu'il n'est plus possible de forcer le détroit des Dardanelles, et personne ne devrait exposer une flotte moderne à un tel danger."
Suivant le plan voulu par Winston Churchill et élaboré par le poste de commandement de Londres, la campagne navale menée par Robeck et Hamilton commença le 19 février et se prolongea avec peu de succès en raison du considérable nombre de mines turques placées dans le détroit, de la forte résistance turque et de l'état de vétusteté des navires sous le commandement de l'amiral anglais Carden.
Les forces turques à Gallipoli en avril 1915 (cliquer pour agrandir)
Les premières troupes britanniques et françaises débarquèrent du côté dit européen de la péninsule de Gallipoli à partir du 25 avril 1915.
Toutefois, Hamilton avait prévu de faire débarquer une petite troupe française à Khoum-Kalé, côté asiatique donc, pour soutenir la 29ème division. Cette manoeuvre fut effectuée par le 6e régiment mixte colonial et remporta un vif succès qui ne fut hélas pas exploité car cette ouverture n'entrait pas dans la théorie préparée par les stratèges. Les troupes françaises débarquèrent essentiellement en-dessous de Sedd Ul Bahr, une position turque fortement armée et défendue située à la pointe de la presqu'île de Gallipoli. Cette manoeuvre, reconnue comme une grossière erreur stratégique, se concrétisa par des dizaines de milliers de morts.
Vue aérienne de Sedd Ul Bahr en 1915 (cliquer pour agrandir)
Les 25, 26 et 27 avril 1915, au lieu d'être débarqués sur une plage large et plate, comme il était prévu, les Anzac's (Australiens et Néo-Zélandais regroupés dans "The Australians and New Zealand Army Corps") se retrouvèrent au pied de falaises abruptes d'où les troupes adverses, bien organisées et armées, les bombardèrent pendant les trois jours que durèrent leur débarquement. Les Anzac's périrent par milliers sur cette plage nommée plus tard "Anzac Cove".
Commença alors une guerre de tranchées où les hommes de l'Alliance, acculés à la mer, mouraient sous les balles et les obus, mais également du typhus, de la gangrène et de la famine, tandis qu'en Grande-Bretagne les chefs de guerre tergiversaient pour savoir si oui ou non il était bien utile de retirer les troupes engagées malgré l'évidente impossibilité de gagner du terrain.
Tranchées françaises au 22 juin 1915 (cliquer pour agrandir)
Sur le terrain, côté français, on s'efforçait de prendre quelques centimètres aux forces turques. Le 14 mai 1915, le général Gouraud prit le commandement du corps expéditionnaire français, réorganisa les positions et fit reprendre l'offensive le 1er juin. Les coloniaux enlevèrent le "Quadrilatère" le 30 juin. C'est peut-être lors de l'assaut du 21 juin que Sébastien fut tué. Dans le journal militaire de l'officier en charge du 176e RI écrit du 8 mai 1915 au 6 octobre 1915, on peut lire un pudique commentaire quant au résultat de l'assaut du 21 juin : "pertes sensibles".
[mise à jour du 11 novembre 2008, à lire sur le blog d'Aullène en cliquant ici .]
Front anglo-français au 4 juillet 1915 (cliquer pour agrandir)
Finalement, à l'automne 1915 les têtes pensantes prirent enfin la décision de retirer ce qui restait des troupes engagées à Gallipoli.
A Londres, le désastre de Gallipoli et son infâme tombereau de cadavres entraîna la démission de nombreux membres du gouvernement. Winston Churchill, lui, resta à son poste.
Il y eut près de 90 000 morts et 170 000 blessés du côté des Turcs et 50 000 morts et 100 000 blessés du côté des Alliés, parmi lesquels 10 000 soldats français morts au champ d'horreurs et 20 000 autres blessés.
La bataille des Dardanelles, le massacre devrait-on plus exactement dire, est plus connue sous le nom de "campaign of Gallipoli" par les Australiens (9 000 morts et 20 000 blessés à Gallipoli) et Néo-Zélandais (3 000 morts et 5 000 blessés), eux aussi bravement et massivement envoyés au casse-pipe par la Grande-Bretagne "reconnaissante". Cette opération devait représenter pour l'Australie une grande avancée politique car, bien que les décisions stratégiques soient encore prises par Londres, son armée était enfin dirigée par des officiers, non pas britanniques, mais australiens. Et effectivement, c'est à partir de cette période que les Australiens ont eu le sentiment que leur nation avait le droit d'exister par elle-même, un droit acquis au prix du sang versé à Gallipoli. Quel prix monstrueux !
En Australie et en Nouvelle Zélande se déroule, le 25 avril, "Anzac Day", un jour commémoratif en hommage de tous ces Australiens et Néo-Zélandais massacrés ou mutilés à Gallipoli. C'est probablement le seul jour de l'année où aucun pub n'est ouvert en Australie.
C'est sur le thème de l'hymne non-officiel australien "Waltzing Matilda" datant de 1895 que furent écrites par Eric Bogle en 1970 des paroles (voir plus bas) retraçant cet horrible carnage (on peut facilement entendre "The Band Played Waltzing Matilda" chantée par Eric Bogle ou par Tom Waits ou encore par le groupe "The Pogues").
En Irlande aussi on a traité par la chanson la boucherie de Gallipoli, voir le texte du chant des partisans ci-dessous, "The Foggy Dew" (soulèvement du 24 avril 1916 à Dublin).
Les paroles de "The Band Played Waltzing Matilda"
Now when I was a young man I carried me pack
And I lived the free life of the rover.
From the Murray's green basin to the dusty outback,
Well, I waltzed my Matilda all over.
Then in 1915, my country said, "Son,
It's time you stop ramblin', there's work to be done."
So they gave me a tin hat, and they gave me a gun,
And they marched me away to the war.
And the band played "Waltzing Matilda,"
As the ship pulled away from the quay,
And amidst all the cheers, the flag waving, and tears,
We sailed off for Gallipoli.
And how well I remember that terrible day,
How our blood stained the sand and the water;
And of how in that hell that they call Suvla Bay
We were butchered like lambs at the slaughter.
Johnny Turk, he was waitin', he primed himself well;
He showered us with bullets, and he rained us with shell --
And in five minutes flat, he'd blown us all to hell,
Nearly blew us right back to Australia.
But the band played "Waltzing Matilda,"
When we stopped to bury our slain,
Well, we buried ours, and the Turks buried theirs,
Then we started all over again.
And those that were left, well, we tried to survive
In that mad world of blood, death and fire.
And for ten weary weeks I kept myself alive
Though around me the corpses piled higher.
Then a big Turkish shell knocked me arse over head,
And when I woke up in me hospital bed
And saw what it had done, well, I wished I was dead --
Never knew there was worse things than dying.
For I'll go no more "Waltzing Matilda,"
All around the green bush far and free --
To hump tents and pegs, a man needs both legs,
No more "Waltzing Matilda" for me.
So they gathered the crippled, the wounded, the maimed,
And they shipped us back home to Australia.
The armless, the legless, the blind, the insane,
Those proud wounded heroes of Suvla.
And as our ship sailed into Circular Quay,
I looked at the place where me legs used to be,
And thanked Christ there was nobody waiting for me,
To grieve, to mourn and to pity.
But the band played "Waltzing Matilda,"
As they carried us down the gangway,
But nobody cheered, they just stood and stared,
Then they turned all their faces away.
And so now every April, I sit on my porch
And I watch the parade pass before me.
And I see my old comrades, how proudly they march,
Reviving old dreams of past glory,
And the old men march slowly, all bones stiff and sore,
They're tired old heroes from a forgotten war
And the young people ask "What are they marching for?"
And I ask myself the same question.
But the band plays "Waltzing Matilda,"
And the old men still answer the call,
But as year follows year, more old men disappear
Someday, no one will march there at all.
Waltzing Matilda, waltzing Matilda.
Who'll come a-waltzing Matilda with me?
And their ghosts may be heard as they march by the billabong,
Who'll come a-Waltzing Matilda with me?
[dewplayer est en licence libre chez Dew]
[ fichier audio : "The Band Played Waltzing Mathilda" chanté a capella par June Tabor ]
Les paroles de "The Foggy Dew"
As down the glen one Easter morn to a city fair rode I
There Armed lines of marching men in squadrons passed me by
No fife did hum nor battle drum did sound it's dread tatoo
But the Angelus bell o'er the Liffey swell rang out through the foggy dew
Right proudly high over Dublin Town they hung out the flag of war
'Twas better to die 'neath an Irish sky than at Sulva or Sud El Bar
And from the plains of Royal Meath strong men came hurrying through
While Britannia's Huns, with their long range guns sailed in through the foggy dew
'Twas Britannia bade our Wild Geese go that small nations might be free
But their lonely graves are by Sulva's waves or the shore of the Great North Sea
Oh, had they died by Pearse's side or fought with Cathal Brugha
Their names we will keep where the fenians sleep 'neath the shroud of the foggy dew
But the bravest fell, and the requiem bell rang mournfully and clear
For those who died that Eastertide in the springing of the year
And the world did gaze, in deep amaze, at those fearless men, but few
Who bore the fight that freedom's light might shine through the foggy dew
Ah, back through the glen I rode again and my heart with grief was sore
For I parted then with valiant men whom I never shall see more
But to and fro in my dreams I go and I'd kneel and pray for you,
For slavery fled, O glorious dead, When you fell in the foggy dew.
[dewplayer est en licence libre chez Dew]
[ fichier audio : "The Foggy Dew" interprété par Bonnie Barnum ]